Esper86Comme si la réalité de demain ne devait pas être faite de l'utopie  d'hier et d'aujourd'hui...

Voilà pourquoi, à quelques mois des élections sociales2, nous avons décidé au CIEP de nous pencher sur l’autogestion en entreprise, cette forme de participation absolue des travailleurs aux outils d’organisation, de production et de revenus de leur institution. D’emblée, en 2015, le terme «autogestion » questionne et donnerait peut-être même envie d’être qualifié de projet «néo-rétro», ce concept désignant des objets modernes conçus pour évoquer ou ressembler à des objets d'époque.
Il est vrai que l’autogestion est associée à l’Histoire: ses prémices sont liées à un mouvement porté par des utopistes comme Fourier, Owen, au XIXe siècle pour enfin prendre une forme qui séduisit énormément, fin des années 1960, tout particulièrement dans les mouvements militants, antiautoritaires, voire libertaires. Et puis le vide, ou presque: milieu des années 80, le modèle tend à disparaitre des radars. Le concept aurait-il déjà été épuisé ?

Esperluette n°86 (Octobre/Novembre/Décembre 2015)

Esper85Réveille-toi, attrape ta machette et ta guitare!

Voilà un bel été même pas pourri qui se termine. Les occasions ont donc été belles, pour bon nombre d’entre nous, de profiter de ces moments de vacances pour aller déambuler dans l’un ou l’autre évènement culturel qui associe si bien le mot «été» à festival. Qu’on soit «fan de», «grand curieux», «issu du coin», il y a mille raisons de se laisser tenter au moins une fois sur l’été à participer à un de ces évènements. Et en soi, on peut considérer que la formule est globalement alléchante. Le festival (qu’il soit du conte, musical, théâtral, etc.) permet d’accéder à bon nombre de projets culturels et ce, dans une dimension collective et conviviale.
Je ne vous referai pas ici le discours sur le déclin de l’industrie du disque et le retour financier qu’un artiste peut espérer de son travail; on nous ressasse assez souvent que le festival est, aujourd’hui, à la fois cette «vitrine sur» et ce lien direct entre l’artiste, son oeuvre et le public.
Super donc! Allons-y tous et toutes, alors.


Esperluette n°85 (Juillet/Août/Septembre 2015)

Esper84Pourquoi désobéir en démocratie ?

Cette question n’est pas seulement le titre d’un ouvrage récent qui fait dialoguer un sociologue et une philosophe; elle résume, brièvement mais clairement, ce qui a motivé notre réflexion au CIEP ces derniers mois. Peut-on, en tant que mouvement social, reconnaitre une forme de légitimité aux pratiques de désobéissance civile? Au nom de quoi? Et comment ces modes d’action trouvent-ils écho dans nos structures associatives? Tout d’abord, coupons le cou aux idées reçues: la désobéissance civile n’est pas le joyau de mouvements anarchistes et extrémistes. Cette modalité d’action se veut profondément non-violente. Quelques exemples chez nous: les faucheurs volontaires d’OGM à Fernelmont, la mise en place de jeux olympiques «Déjouons la STIB» par des Homostibiens2, le refus de travailleurs sociaux ou d’associations de pister les demandeurs d’emploi, le récent déploiement par Greenpeace d’une banderole sur une des tours de la centrale nucléaire de Tihange, etc. Toutes ces pratiques font écho d’un pacifisme fort qui va même jusqu’à mettre les activistes en situation de grande vulnérabilité face aux forces de l’ordre. Pensons, par exemple, à ces collectifs comme les Femen qui se laissent enchainer, emmener et détenir par la police. On est donc bien loin d’un mouvement radical, agressif et violent. Ces militants agissent en portant chacun la responsabilité de leurs actes et cet engagement singulier ne peut se vivre qu’au nom, selon eux, de revendications hautement légitimes pour l’ensemble de l’Humanité.
Esperluette n°84 (Avril/Mai/Juin 2015)
 
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