Esper89Quand la petite voix du reportage dessiné est de celles qui redonnent du sens à la notion même de reportage

Nommée, depuis 1964, 9ème art, il est aujourd’hui difficile de le démentir: la Bande Dessinée est un art reconnu. Politiquement, par la FWB qui soutient des projets d’auteurs et des maisons d’édition, et également par sa consécration avec le CBBD2. Médiatiquement, notamment,  via la large publicité faite au Festival d’Angoulême. Enfin, économiquement,  la BD étant aujourd’hui considérée comme une réelle industrie culturelle3.
La reconnaissance de la BD par le Politique,  les médias et l’Economie est liée à sa mise au service de la société.  Citons tout d’abord son lien avec l’école et ses utilisations didactiques,  de l’histoire à l’économie, et, de manière plus osée, par ce récent projet «Sociorama: la banlieue du 20 heures», qui illustre une thèse sur la fabrication des reportages du JT sur les banlieues.  La BD est aussi devenue un outil de communication utilisé par les agences spécialisées dans la communication des entreprises et des institutions.
Enfin, et non des moindres, la BD est au service du plaisir. Un plaisir individuel dans un premier temps mais qui est source de lien social, chacun-e cherchant à partager cette expérience jubilatoire avec d’autres.

Esper88Dans la vie,  il n’y a pas de solutions,  il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent

De fait, lorsque l’on s’attelle à prendre à bras le corps l’enjeu de la question climatique, on se rend compte que beaucoup de choses ont été dites, les enjeux analysés, des projections catastrophées, des propositions exprimées et planifiées. Les solutions existent donc dans les discours et dans les textes mais, comme le sous-tend Antoine de St Exupéry dans son livre Vol de Nuit, rien ne sert si on ne mobilise pas les forces en marche. Et c’est malheureusement ce que nous vivons aujourd’hui à quelques mois seulement de l’après COP21 de Paris.
Comme l’expriment assez clairement Eloi Laurent et Philippe Pochet dans leur dernier ouvrage, la transition écologique ne saurait être une transition par l’obéissance ni une transition par la terreur. Prenons un exemple connu de longue date et proche de nos réalités quotidiennes: l’impact des campagnes de prévention contre la cigarette. Ni les images de bébés mort-nés ou du slogan «fumer tue» sur les paquets de tabac, ni les démonstrations scientifiques n’arrivent à endiguer ce phénomène connu de tous. Cela semble irrationnel, et c’est sans doute le cas quand on le comprend dans son sens premier: ce qui est en dehors du domaine de la raison. «Ni l’intelligence ni le jugement ne sont des créateurs »
 
Texte en complément de l'& : 
La plus grande action de désobéissance civile pour le climat
Du 12 au 16 mai dernier, en Allemagne, plus de 3.500 personnes, dont une centaine de Belges, ont participé à « Ende Gelände ! - Pour lire l'intégralité du texte
Anaïs TRIGALET - Chargée de mission au MOC
 
 

Esper87De la force à la violence, il n'y a que l'épaisseur d'une haie

Mener une réflexion sur la violence est une affaire complexe. Tout d’abord parce que les manifestations et les expériences liées à la violence sont plurielles et parfois difficilement appréhendables, voire perceptibles. Mais aussi parce que, au CIEP, nous souhaitions l’aborder avec ce qui fait le cœur de notre réalité, notre originalité résidant essentiellement dans la philosophie de notre travail d’éducation populaire et dans notre expérience accumulée d’une pédagogie émancipatrice, notamment à travers nos formations dans le champ socioculturel. C’est pourquoi nous avons décidé de cibler notre réflexion autour de ce qu’on nomme en sciences sociales et sciences politiques, la violence politique et nous avons cherché à voir comment nous pouvions y apporter un éclairage spécifique.

Esperluette n°87 (Janvier/Février/Mars 2016)

 
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